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Gouttières déposées pendant le chantier : où part l'eau de pluie
Gouttières déposées pendant le chantier : où part l'eau de pluie, ce que le mur nu encaisse à chaque averse, et les repères qui commandent la repose.
Quand les gouttières et les descentes d'eau pluviale sont déposées pour ravaler, l'eau de pluie ne part plus nulle part. Elle quitte le bord de toiture en nappe, tombe le long du mur qu'on vient de décroûter, et finit au pied de la façade, dans la tranchée d'échafaudage ou contre le soubassement. C'est la réponse brute : sans disposition provisoire, l'eau ruisselle sur le support nu et s'accumule en pied de mur, exactement à l'endroit où le chantier a le plus besoin qu'elle ne soit pas.
Un chantier tenu ne laisse pas cette situation s'installer. Dès la dépose, il remet une canalisation provisoire : un tuyau souple ou une descente de fortune suspendue à l'échafaudage, raccordée sous le bord de toiture ou sous le talon de gouttière conservé, et dirigée vers le regard d'eaux pluviales existant ou vers un point de rejet convenu. Ce dispositif n'a rien de définitif, mais il doit fonctionner sous une vraie averse, la nuit et le week-end compris. La question à poser à l'entreprise n'est donc pas « allez-vous déposer les gouttières » — c'est presque toujours nécessaire — mais « par où passe l'eau entre la dépose et la repose, et qui vérifie ce montage après chaque pluie ».
Ce que la dépose des gouttières change dès la première pluie
Une gouttière fait deux choses à la fois : elle collecte l'eau du versant de toit sur toute sa longueur, et elle l'évacue en un ou deux points seulement, loin du parement. Déposer la gouttière supprime les deux fonctions d'un coup. Le débit qui passait par une descente se répartit alors sur tout le linéaire d'égout, en rideau.
Ce rideau ne tombe pas verticalement. Le vent le plaque contre le mur, les débords de toiture le rabattent, et la maçonnerie le reçoit sur une bande large. Sur un mur en cours de travaux, cette bande est précisément celle qui ne doit pas être mouillée : enduit fraîchement piqué, joints dégarnis, fissures ouvertes en attente de traitement, reprises encore fermes.
Le deuxième effet est en pied de mur. L'eau qui partait autrefois dans un dauphin et un regard arrive maintenant au sol, en un point non prévu, souvent dans le décaissement ou la zone remaniée par l'installation de l'échafaudage. Elle s'infiltre au contact du soubassement, remonte par capillarité dans une maçonnerie que le chantier vient d'ouvrir, et ressort plusieurs jours plus tard sous forme d'auréoles ou d'efflorescences dans l'enduit neuf.
Le troisième effet est plus discret : les platelages d'échafaudage. Un plancher qui reçoit une chute d'eau concentrée la renvoie en éclaboussures sur le mur et sur la façade voisine, et transforme un pan propre en pan taché. C'est le même mécanisme que celui décrit à propos des eaux de lavage d'un chantier de façade : le problème n'est pas la quantité d'eau, c'est l'endroit où elle arrive.
Ce qui se dépose exactement, et ce qui reste en place
La formule « déposer les gouttières » recouvre plusieurs opérations très différentes, qui n'ont ni le même coût ni les mêmes conséquences. Savoir laquelle est prévue chez vous change la lecture du chantier.
Gouttière, descente, dauphin : ce qui se dépose et ce qui reste
L'évacuation d'eaux pluviales d'une maison se compose de plusieurs éléments distincts. La gouttière ou le chéneau court à l'égout du toit et collecte l'eau ; il est porté par des crochets fixés sur la charpente, sur la volige ou sur la maçonnerie. La naissance ou le moignon fait la jonction entre la gouttière et la verticale. La descente est le tube vertical plaqué contre la façade, tenu par des colliers scellés ou vissés dans le mur. Le dauphin est la partie basse, souvent en fonte ou en matériau résistant aux chocs, qui plonge dans le regard ou le caniveau.
Sur un ravalement, ce qui gêne réellement, c'est la descente : elle est collée au mur, ses colliers traversent le parement, et il est impossible d'enduire correctement derrière. La gouttière, elle, ne gêne que si le travail monte jusqu'à l'égout ou si les crochets doivent être déposés pour reprendre une corniche. Le dauphin, en pied, se dépose surtout parce qu'il serait cassé pendant le chantier.
Dans beaucoup de cas, le montage retenu consiste donc à déposer les descentes et à conserver la gouttière, en raccordant provisoirement chaque naissance à un tuyau souple. Ce cas est le plus favorable : l'eau reste collectée en haut, elle n'est déviée qu'en aval, et le mur ne reçoit pas de rideau. Il faut le savoir, car c'est la première question à poser : la gouttière reste-t-elle en place ?
Dépose totale, dépose partielle : deux situations différentes
La dépose complète de la gouttière devient nécessaire quand la corniche est reprise, quand le mur reçoit une isolation extérieure qui déplace le nu de façade, quand les crochets sont eux-mêmes corrodés, ou quand la couverture est reprise en même temps. À partir de là, le bord de toiture est nu pendant toute une phase, et il n'existe plus aucun point de collecte à raccorder.
Dans cette configuration, la disposition provisoire ne peut pas être un simple tuyau : il faut soit une gouttière provisoire suspendue, soit accepter que l'eau tombe et organiser sa réception au sol, soit bâcher le rampant bas pour rejeter l'eau au-delà du pied de mur. Chacune de ces solutions a un coût, une durée de vie et un niveau de fiabilité différents. Aucune ne se décide au dernier moment sous la pluie.
La dépose partielle — un ou deux pans seulement, ou la seule façade traitée en premier — pose une autre difficulté : l'eau continue de circuler dans le reste du réseau, et peut arriver par un chéneau au bout d'un pan déposé. On voit alors une gouttière conservée qui déverse son débit dans le vide, à l'aplomb du pan en travaux. Le repérage du sens d'écoulement, avant la dépose, évite ce genre de surprise. C'est un point à traiter à la réunion de préparation, au même titre que les câbles, coffrets et antennes en façade, qui relèvent de la même logique : tout ce qui est fixé sur le mur doit avoir un sort décidé avant l'échafaudage.
Ce que le mur nu encaisse à chaque averse
Un mur en cours de ravalement n'est pas un mur ordinaire. Il a perdu sa peau, et il ne l'a pas encore retrouvée. Comprendre ce que l'eau lui fait pendant cette fenêtre explique pourquoi la question des gouttières n'est pas une question de confort.
Un support décroûté est ouvert : les joints ont été dégarnis, les parties non adhérentes retirées, les fissures épannelées. La porosité du mur est à son maximum. Une pluie battante n'y fait pas que mouiller la surface, elle pénètre. Sur une maçonnerie ancienne, l'eau atteint le cœur du mur et met ensuite des jours, parfois des semaines, à ressortir.
Cette humidité résiduelle a une conséquence directe sur la suite du chantier : elle interdit d'enduire. Un support gorgé d'eau ne permet pas l'accroche attendue, et certains produits imposent un support ressuyé. Le chantier attend donc que le mur sèche, et ce séchage n'est pas commandé par le planning mais par la météo. C'est l'un des mécanismes d'écart de délai les plus fréquents, au même titre qu'un arrêt pour intempéries.
Il y a un cas plus sérieux : une reprise fraîche. Un enduit posé la veille, un rebouchage, un joint neuf, une couche d'accrochage n'ont pas encore fait leur prise. Une chute d'eau concentrée sur cette zone lessive le liant, laisse des coulures, décolore, et peut imposer la reprise complète du pan. Sur les enduits de finition, la trace d'une coulée d'eau reste visible même après séchage.
Enfin, il y a l'effet mécanique de l'eau qui tombe de plusieurs mètres à débit concentré. Elle creuse le sol, déchausse les cales d'échafaudage, remplit les tranchées, et transporte fines et poussières sur les surfaces protégées en dessous. Un pied d'échafaudage qui s'enfonce est un problème de sécurité, pas d'esthétique.
Les dispositions provisoires : canaliser sans reposer
L'objectif d'une disposition provisoire est simple : rendre à l'eau un trajet contrôlé, du bord de toiture jusqu'à un exutoire, sans passer par le parement ni par le pied de mur. Ce trajet doit tenir sans intervention humaine, parce que les averses ne se produisent pas aux heures de présence de l'équipe.
Le point de rejet provisoire, et ce qu'il ne doit pas être
La sortie du dispositif provisoire est le point le plus souvent bâclé. Un tuyau qui descend correctement le long de l'échafaudage et se termine à un mètre du mur, en plein sur la terre, ne règle qu'une moitié du problème.
Un point de rejet acceptable est raccordé au regard d'eaux pluviales existant, ou débouche dans le caniveau, la grille ou l'exutoire que le réseau de la maison utilisait déjà. À défaut, il est éloigné du pied de mur et dirigé vers une zone qui absorbe sans dégrader : une pelouse en pente descendante, une noue, une zone d'infiltration existante.
Ce qu'un point de rejet ne doit pas être :
- un déversement sur le terrain voisin — le principe est ancien et constant en droit français : les eaux de pluie d'une toiture s'écoulent sur son propre fonds ou sur la voie publique, pas chez le voisin, et une disposition provisoire ne crée aucune exception à cette règle ;
- un rejet dans un regard d'eaux usées ou dans une fosse, qui envoie un volume d'eau claire là où il n'a rien à faire ;
- un rejet direct contre le soubassement, une cave, un soupirail ou une descente de garage ;
- un rejet sur le trottoir dans une configuration qui crée une plaque de gel ou une chute pour un passant ;
- une fin de tuyau simplement posée sur le platelage, qui inonde le niveau inférieur de l'échafaudage.
Le raccord haut mérite la même attention. Un manchon souple emmanché sur une naissance sans collier tient tant qu'il n'y a pas de vent. Sous une rafale, il se déboîte, et l'eau retrouve son trajet libre — souvent la nuit, souvent sans témoin, et personne ne comprend le lendemain pourquoi le mur est trempé.
Ce qui se vérifie avant un week-end ou une coupure
Le dispositif provisoire doit être regardé comme n'importe quelle protection : il ne vaut que par sa tenue quand il n'y a personne. Avant un week-end, un jour férié ou une coupure de plusieurs jours, quatre points se vérifient au sol, sans monter :
- chaque naissance ou chaque bord de toiture ouvert est bien raccordé, sans tuyau pendant dans le vide ;
- les raccords sont maintenus mécaniquement — collier, ligature, sangle — et pas seulement emboîtés ;
- le tuyau descend franchement, sans contre-pente ni ventre qui ferait retenue et se décrocherait sous le poids ;
- la sortie basse est calée et orientée vers l'exutoire, pas simplement posée là.
Cette vérification rejoint celle des bâches et des films de protection décrite dans ce qui doit être couvert, avec quoi, et jusqu'à quand. Une protection qui se décroche et une descente provisoire qui se déboîte produisent le même dégât, et se constatent de la même façon : par un tour du bâtiment, à pied, avant de partir.
Le pied de la descente : regard, dauphin, terrain
Le bas d'une descente d'eau pluviale est la partie qu'on regarde le moins et qui pose le plus de problèmes à la repose. Trois situations se rencontrent.
Le premier cas est le raccordement direct : le dauphin plonge dans un regard maçonné ou un tampon relié au réseau. À la dépose, ce regard reste ouvert. Il se remplit alors de gravats, de sable de piquage et de fines d'enduit, qui prennent en masse et bouchent la conduite. Un regard laissé ouvert pendant un chantier doit être obturé provisoirement — un bouchon, une plaque, un géotextile lesté — et rouvert au moment de la repose. Un réseau bouché ne se découvre qu'à la première grosse pluie après la fin du chantier, quand le chantier n'est plus là.
Le deuxième cas est le rejet libre au sol, sur pavage ou sur terrain. La dépose met à nu le point de chute et le chantier le piétine. Il faut surtout, ici, que la disposition provisoire n'aggrave pas l'affouillement, en particulier à proximité d'un pied d'échafaudage.
Le troisième cas est celui d'un dauphin en fonte ancien. Il fait partie du décor de la façade, il est parfois moulé, et il ne se remplace pas à l'identique. Sa dépose relève de la même précaution que n'importe quelle pièce de façade démontée : repérage, photographie avant, stockage à part, à l'abri des chocs. Une fonte fissurée par une chute pendant le chantier ne se répare pas.
Les repères qui commandent la repose
La repose n'est pas la dépose à l'envers. Entre les deux, le mur a changé : il a reçu une épaisseur d'enduit, parfois une isolation, et les points de fixation d'origine ne sont plus au même endroit par rapport au nu fini.
Pente, développé, dilatation : les repères de la repose
Une gouttière fonctionne par gravité. Elle a une pente faible mais réelle, orientée vers la naissance. Cette pente est réglée au cordeau, pas à l'œil, et un crochet mal repositionné suffit à créer une contre-pente qui retient l'eau, favorise les dépôts et déborde du côté du mur.
Le repère à prendre avant la dépose est donc celui des points hauts et bas existants : un trait de crayon sur la volige, une cote relevée depuis un élément fixe, une photo prise dans l'axe. Sans repère, la repose se fait à l'estime, et le défaut ne se voit qu'à la pluie suivante.
Deux autres points commandent la tenue dans le temps. La dilatation : les matériaux d'une gouttière ou d'une descente travaillent avec la température, et les assemblages doivent laisser ce jeu — un raccord bloqué finit par se déformer ou se fendre. Et le recouvrement des jonctions dans le sens de l'écoulement : un about monté à l'envers fuit systématiquement, quel que soit le soin apporté au collage ou à la soudure.
Fixer sur un mur qui a changé d'épaisseur
Les colliers de descente sont scellés ou chevillés dans le mur. Après un ravalement, l'enduit neuf a une épaisseur ; après une isolation par l'extérieur, cette épaisseur est bien plus importante. Deux règles simples en découlent.
D'abord, la fixation doit reprendre appui dans le support porteur, pas dans l'enduit ni dans l'isolant. Un collier tenu par la seule couche de finition arrache un morceau de façade la première fois qu'une échelle s'appuie dessus ou qu'un gel bloque la descente. Cela suppose une cheville de longueur adaptée à l'épaisseur traversée, et un point de percement traité pour rester étanche.
Ensuite, la descente doit rester à distance du parement, sur des colliers à écarteur si nécessaire. Une descente plaquée dans l'enduit frais crée une ligne humide permanente derrière elle, et rend impossible tout nettoyage ultérieur. Le trajet vertical se contrôle au fil à plomb : une descente reposée de travers est visible depuis la rue pendant toutes les années qui suivent.
Enfin, la sortie de la gouttière doit rester à l'aplomb de la descente. Une gouttière repositionnée en avant, parce que le mur a épaissi, et une descente restée sur son ancien alignement produisent un coude en biais qui accumule les feuilles et se bouche.
Ce qui se contrôle à la repose, et qui l'écrit
La repose des évacuations est un point d'arrêt à part entière, et elle se contrôle avant que l'échafaudage ne parte. Une fois les tours démontées, revenir sur une gouttière suppose une nacelle ou un remontage, c'est-à-dire un coût que personne n'avait prévu. Le principe est le même que pour les autres validations décrites dans les points d'arrêt du chantier.
Le contrôle utile est un essai à l'eau. On verse de l'eau dans la gouttière, en partant du point le plus éloigné de la naissance, et on regarde trois choses : que l'eau part effectivement vers la naissance sans stagner, qu'aucune goutte ne sort d'une jonction, et qu'elle ressort au pied par l'exutoire prévu, avec un débit franc — un filet lent signale un regard partiellement obstrué par les gravats du chantier.
Se vérifient aussi, depuis le sol : l'alignement de la descente, la présence de tous les colliers d'origine ou de leur équivalent, l'état du dauphin reposé, la propreté du regard, l'absence de coulure d'enduit à l'intérieur de la gouttière, et la reprise soignée des points de percement dans l'enduit neuf.
Ce contrôle a sa place dans la visite précédant le démontage de l'échafaudage, et sa conclusion s'écrit : quelques lignes au compte rendu de chantier, ou une réserve nommément posée si la repose n'est pas conforme. Une observation orale sur une gouttière ne se retrouve jamais au moment du solde.
Ce que le devis doit dire de la dépose-repose
La dépose et la repose des évacuations d'eaux pluviales sont un poste de travaux à part entière, et le devis doit permettre de savoir ce qui est prévu. Aucun montant ne se devine à distance : ce qui se lit, en revanche, c'est la manière dont le poste est construit.
Le prix de ce poste dépend de plusieurs variables identifiables. Le linéaire concerné et le nombre de descentes, d'abord. La hauteur, ensuite, car elle détermine le moyen d'accès. La nature du matériau : une gouttière déposée avec soin peut être reposée, une gouttière ancienne, corrodée ou déformée est le plus souvent remplacée, et la ligne devient alors une fourniture. Le type de fixation et la nature du support, qui commandent le temps de dépose et de scellement. Enfin, la présence ou non d'une isolation extérieure, qui impose une visserie et des accessoires différents.
Les mentions qui doivent figurer, quel que soit le prix :
- la dépose des descentes, et le sort de la gouttière — conservée ou déposée ;
- l'existence et la nature des dispositions provisoires d'évacuation pendant les travaux ;
- si les éléments déposés sont reposés ou remplacés, et par quoi ;
- la reprise des points de fixation dans l'enduit fini ;
- le nettoyage et la vérification des regards d'eaux pluviales avant réception.
Un devis qui ne dit rien de ces éléments ne signifie pas qu'ils ne seront pas faits. Il signifie qu'ils ne sont pas engagés, et que la discussion aura lieu en fin de chantier, dans la pire position pour la conduire. La demande à formuler est simple : que ces lignes soient écrites, avant signature.
Pour obtenir un chiffre réel, il n'existe qu'une méthode : faire chiffrer ce poste sur pièce, par au moins deux entreprises, à partir du même énoncé écrit — linéaire, nombre de descentes, hauteur, matériau existant, présence ou non d'une isolation prévue, et exigence de repose ou de remplacement. Deux devis établis sur le même énoncé sont comparables ; deux devis établis sur des hypothèses différentes ne le sont pas, et l'écart entre eux ne dit rien du prix.
Questions fréquentes
Peut-on ravaler sans déposer les descentes d'eau pluviale ?
Sur un ravalement complet, non. La descente est plaquée contre le mur et ses colliers traversent le parement : il est impossible de piquer, de reprendre et d'enduire correctement derrière sans la déposer. Certaines entreprises proposent d'écarter la descente en la maintenant sur des cales, ce qui peut convenir pour un simple nettoyage ou une peinture, mais pas pour un enduit. La gouttière haute, en revanche, reste souvent en place si la corniche n'est pas reprise.
Combien de temps une façade peut-elle rester sans gouttière ?
Il n'existe pas de durée réglementaire. Ce qui compte, c'est l'état du mur pendant cette période et l'existence d'une évacuation provisoire fonctionnelle. Un mur décroûté exposé plusieurs semaines à des pluies non canalisées accumule une humidité qui retardera l'enduit. La bonne pratique consiste à faire coïncider la fenêtre sans évacuation avec la phase de travaux qui l'impose réellement, et à reposer dès que le pan est fini, plutôt que d'attendre la toute fin du chantier.
Que faire si l'eau part chez le voisin pendant les travaux ?
Cela se signale immédiatement, à l'entreprise et par écrit. Le principe de droit est constant : les eaux pluviales d'une toiture doivent s'écouler sur le fonds du propriétaire ou sur la voie publique, jamais sur le terrain voisin, et un montage provisoire ne fait pas exception. Photographier la sortie du dispositif et l'endroit où l'eau arrive, dater, envoyer. La correction est en général immédiate et sans coût — il s'agit de rallonger ou de réorienter un tuyau. Laisser durer transforme un détail en litige de voisinage.
Une trace d'humidité apparue après la repose est-elle imputable au chantier ?
Pas automatiquement, mais elle se constate sans attendre. Une auréole qui apparaît sous un point de fixation, une coulure verticale sous une jonction de descente, une remontée en pied de mur à l'aplomb d'un ancien rejet provisoire sont des indices sérieux. La démarche est la même que pour tout désordre observé en fin de chantier : constat écrit, photographies datées, demande d'examen contradictoire. À l'inverse, une humidité générale du mur peu après le ravalement peut n'être que le séchage normal du support, ce qui se distingue par son évolution : le séchage régresse, une infiltration revient à chaque pluie.
Faut-il profiter du chantier pour changer les gouttières ?
Souvent, oui, et c'est une question à trancher au devis plutôt qu'en cours de chantier. L'échafaudage est en place, l'accès est déjà payé, et le surcoût se limite à la fourniture et à la pose. Une gouttière corrodée, déformée, aux crochets fatigués ou dont les jonctions fuient déjà ne gagnera rien à être reposée. La décision se prend à l'inspection, avant la dépose : une fois la gouttière au sol et l'enduit posé, la remplacer devient une opération séparée, avec son propre moyen d'accès.
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